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Syndicat général des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM)
Montréal, le 12 juin 2008
Monsieur Jacques Dupuis
Ministre de la justice
Ministère de la Justice
Édifice Louis-Philippe-Pigeon
1200, route de l’Église, 9e étage
Québec (Québec) G1V 4M1
Monsieur le Ministre,
Nous vous écrivons au sujet de la poursuite en justice de la maison d’édition Écosociété et des auteurs du livre Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique. L’entreprise Barrick Gold a en effet déposé une poursuite de six millions de dollars contre Alain Deneault et ses collaborateurs Delphine Abadie et William Sacher, auteurs du livre Noir Canada, ainsi que contre Écosociété. L’entreprise veut faire retirer l’ouvrage des librairies et faire interdire toute communication verbale et écrite des auteurs au sujet des allégations contenues dans le livre.
Barrick Gold est la plus importante société aurifère au monde. Selon les avocats de la compagnie, le livre porterait atteinte à sa réputation et son contenu serait assimilable à des gestes de diffamation. Nous estimons au contraire que cette poursuite contrevient à la liberté d’expression des citoyens et au droit du public à l’information. Il est dans l’intérêt de tous que cessent ces poursuites, qui ressemblent beaucoup aux fameuses « poursuites baîllons » ou SLAPP, contre lesquelles vous vous proposiez récemment d’intervenir. Plus récemment encore, l’entreprise aurifère Banro a emboîté le pas et poursuit Écosociété et les auteurs de Noir Canada pour une somme de cinq millions de dollars devant la cour de l’Ontario. Les poursuites baîllons prennent donc de l’ampleur et sont en train de se généraliser.
Monsieur le Ministre, la liberté d’expression est un gain trop fragile pour la voir être remise en cause par des intérêts corporatifs et les puissances de l’argent. Nous vous demandons donc d’intervenir en faveur des auteurs de Noir Canada et de faire adopter une loi qui encadrerait de manière raisonnable les poursuites en justice pour diffamation auxquelles certaines entreprises ont de plus en plus recours, car nous estimons que ces poursuites en justice contreviennent au bon fonctionnement de la société civile.
Nous vous prions, Monsieur le Ministre, de bien vouloir agréer l’expression de nos sentiments les meilleurs.
Michel Seymour
Secrétaire du SGPUM
c.c. : Madame Cécile Sabourin, présidente FQPPU
Monsieur Alain Deneault
Monsieur John G Kingma, président du SPUL