Vous êtes ici >>La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'Université (FQPPU)
La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'Université (FQPPU)
Quand la parole est d’or, le silence est d’argent :
La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU) dénonce avec véhémence le recours à des poursuites abusives par des compagnies aurifères contre les éditions Écosociété.
Montréal, 16 juin 2008 - La FQPPU exprime son indignation devant le fait que deux importantes compagnies minières aurifères canadiennes intentent des poursuites abusives contre la maison d’édition Écosociété, qui publiait récemment l’ouvrage Noir Canada : Pillage, corruption et criminalité en Afrique. Les auteurs Alain Denault, Delphine Abadie et William Sacher ont documenté leur ouvrage à partir de rapports publics reconnus et crédibles, accessibles à toute personne suffisamment intéressée pour les consulter. Aucun des auteurs auxquels ils font référence n’a été l’objet de poursuites.
Engagée dans la défense de la liberté de recherche et de diffusion des résultats qui en découlent, la FQPPU considère de la plus haute importance que les institutions québécoises et canadiennes, incluant toutes les provinces, garantissent à tout chercheur et diffuseur, du milieu universitaire, journalistique, communautaire ou autre, les conditions nécessaires afin d’exercer ses activités avec intégrité. Il est de la responsabilité des gouvernements de prendre les mesures nécessaires pour éviter qu’une censure soit imposée par des moyens détournés, abusifs, disproportionnés.
Convaincue que les idées, les analyses et les conclusions de travaux peuvent et doivent être discutées dans le contexte de débats démocratiques, la FQPPU considère que des attaques juridiques basées essentiellement sur le pouvoir financier des entreprises – en l’occurrence les minières Barrick Gold et Banro, constituent une grave menace à la liberté d’expression, voire à la démocratie. Elle appelle instamment le gouvernement québécois et toutes les juridictions canadiennes à légiférer pour empêcher les poursuites désormais connues comme poursuites-bâillons ou SLAPP, qui transforment la discussion publique en affrontement juridique inapproprié et inéquitable. La parole est d’or, et l’argent ne doit pas servir à imposer le silence.