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Choses et autres (Noir Canada, encore)


ParAnne-Marie - Posted on 18 septembre 2008

Ici - Michel Vézina
18/09/2008

J’ai bien ri, dimanche soir, devant ma télé. Tous ces beaux artistes qui blastaient Harper en chœur.

Rarement un gala n’aura tant fait dans la revendication, sauf peut-être celui, mémorable, de l’Adisq, où Plamondon s’était levé pour revendiquer le droit d’auteur.

Dimanche, quelqu’un a dit haut et fort que les coupures ne s’appliquait pas qu’aux livres, à la danse ou aux arts visuels, mais aussi à la télé. Enfin, peut-être que l’impact électoral sera réel, la population réalisant que les effets pourraient se remarquer dans leur salon.

    Noir Canada, encore

      J’en ai parlé, de ce livre la semaine dernière et un lecteur, un écrivain que j’aime beaucoup et que ce genre de question préoccupe au point qu’il s’en inspire dans ses romans, m’a transmis un mot: «Noir Canada m’a foutu les boules... Bien sûr, je savais, mais voir les chiffres, les documents, les noms, ça devient réel. Le pire, contre toute attente, c’est le dernier chapitre, où Alain Deneault ne décrit plus les effets de cette merde en Afrique, mais la manière dont elle est, au final, financée par les bons gars canadiens, ceux qui ont le droit de vote: nous. Ça me fout en l’air...»

      En cette période électorale, j’imagine qu’on va oublier que plusieurs des candidats que nous allons élire, et pas seulement des conservateurs, ont à leur CV des collaborations pas toujours roses.

      Pour se le rappeler, et aussi pour ne pas oublier que les auteurs et les éditeurs de Noir Canada sont victimes d’une poursuite-bâillon (SLAPP), un spectacle en solidarité avec l’éditeur Écosociété se donnera le vendredi 19 septembre à 18 heures.

      Il y aura Ivy, Eve Cournoyer et Stephen Faulkner, notamment, et l’animateur de la soirée sera nul autre que l’inénarrable Pascal Angelo Fioramore des Abdigradationnistes et des Éditions Rodrigol. Au parc Victor-T-Daubigny, sur la rue Montcalm au nord d’Ontario.

        Calgary

          À propos de Calgary, modèle culturel et économique conservateur, mon lecteur-écrivain préféré m’éclaire encore: «Pour ce qui est de Calgary capitale culturelle, voici un élément éclairant: tu sais que la réalité vraie s’exprime en chiffres (tu as vu ça dans Noir Canada). Faisons le rapprochement suivant: l’expo Picasso érotique, il y a quelques années, n’a été montrée qu’en un seul lieu en Amérique du Nord: Montréal. Elle a été vue par des milliers de spectateurs. Mais les vrais chiffres, c’est que ce sont des pétroleux enrichis et incultes de Calgary qui ont les moyens de se payer des dessins de Picasso (j’en ai connu...) et qui les exposent dans le salon de leur château d’Elbow Valley en laissant le prix dessus pour que leurs cons de copains aussi incultes qu’eux, ne croient pas qu’ils exposent un gribouillis que leur gamin aurait fait à l’école pour la fête des Pères... C’est ça, les chiffres: Calgary dépense plus en art que Montréal. Les Montréalais vivent dans l’art, voient de l’art, jouissent de l’art. Les Calgaréens l’achètent...»

          Tout n’est plus question que de chiffres...

            Petit déjeuner avec Mick Jagger

              Elle aime Jagger. Elle l’imagine avec elle, dans sa chambre, sa mère chez les dormants et son père plus du tout là. Elle aime Mick Jagger jusqu’à imaginer qu’il prendra un jour son petit déjeuner avec elle. Elle apprend à faire du café, parce Mick Jagger ne boit pas de chocolat chaud le matin. Elle apprend à en boire, pour ne pas qu’il pense qu’elle est une petite fille. Elle apprend le sens du mot pipe, parce que c’est ce que se fait faire Mick dans les avions.

              Elle apprend la vie par le rêve, par la folie, par les chansons, par les Stones. Elle veut renouer avec une certaine réalité, par la fiction et le spectacle. Elle apprend le mensonge et la vérité, par la vérité de son mensonge.

              Ça rock comme j’aime que les livres le fassent. Elle s’appelle Nathalie Kuperman et c’est publié aux Éditions de l’Olivier.

                La vie

                  Oui, un de mes rêves se réalise cette semaine: faire se marier texte et cirque! Comme vous pourrez le lire dans le texte de Marie-Eve Corbeil (page 94), les circassiens des 7 doigts de la main m’ont proposé de traduire et d’adapter La vie avec eux. On y reviendra, mais je peux déjà dire que l’expérience me bouscule!

                  Imaginez le bonheur: faire se marier les mots aux mouvements; aider à multiplier les sens de numéros déjà époustouflants; donnez du texte de chair à un show de vie et de mort, le pied total!